Nos séniors nous parlent : Les plats insolites du monde

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Lorsque je suis arrivé à l’Etoile du Jour avec ma tablette numérique et les images de ces plats insolites, je me suis dit que les résidents risquaient de ne plus avoir beaucoup d’appétit pour le repas de midi.436049

En faisant défiler les images de soupes de blattes ou de serpents, de salades d’araignées, d’œil de barracuda et autres sauterelles au chocolat dont nous vous épargnerons les photos, les réactions étaient unanimes : Le dégoût ! Même la cécité de Madame Varoclier ne la préservait pas de cette sensation. La description des images suffisait à lui faire partager les réactions et les rires.

Malgré tout, il y eut beaucoup de bonne humeur pendant cette séance car Monsieur Sorel par exemple nous expliqua que depuis toujours, il ne mangeait pas ce qu’il ne reconnaissait pas dans son assiette mais que dans le cas de ces photos, il reconnaissait tout mais préférait jeûner que de manger ça ! Si les autres participants étaient plutôt d’accord, Moimagesnsieur Marcadal nous confia qu’en Algérie, la sauterelle se mangeait régulièrement même si lui n’avait pu en faire l’expérience.

Pour Madame Schoettel, tout est une question d’habitude et d’éducation. « Ce qui dégoûte l’un paraîtra normal pour un autre. Le monde entier se moque de nous parce que nous mangeons des escargots et des grenouilles, dit elle, alors pourquoi s’offusquer de les voir manger des insectes ». D’ailleurs, plusieurs d’entre eux expliquait qu’une émission avait révélé que les insectes sauveraient sûrement le problème de la faim dans le monde ! « D’ici là, il faudra s’entraîner » déclare Madame Vaillard.

C’est vrai qu’en France entre les tripes et tous les abats, le Brouch Corse (ce fromage qui grouille de vers) ou le maroilles, les pays étrangers doivent avoir de drôles de réaction !


Nos séniors nous parlent : La loi contre la fessée

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Il y a quelques mois de cela, le gouvernement a remis sur le tapis la question de la fessée dans la famille. En effet, plusieurs pays européens l’ayant interdite reprochaient à la France de ne pas statuer là-dessus.

A la résidence, à l’évocation de ce sujet, les réactions ont été unanimes : Laissez les familles décider ! Madame Pernet se saisissait du sujet en fesseedéclarant qu’elle en avait reçu petite et qu’elle n’en était pas  morte, bien au contraire. Monsieur Petit et Madame Arbor renchérissaient en disant que certains enfants ne comprennent pas les simples réprimandes et que la fessée est une vraie sanction. Tous s’accordent à dire que bien évidemment, il ne s’agit pas de battre son enfant. « Ni trop, ni trop peu, conseille Madame Gay, les extrêmes sont inutiles. » et madame Bonin de rajouter « De toute façon, il faut adapter l’éducation et les punitions à chaque enfant. »

Certains résidents évoquent la grande époque de Françoise Dolto qui écrivait sur les enfants comme personne et qui guidait les parents en difficulté à travers l’éducation de leurs petits. « En Italie, on ne connaissait pas Dolto et on nous a bien élevé » conteste madame Lambert appuyée de madame Bertozzi.

Mais ce qui fait le plus rager nos résidents, c’est que « l’état ferait mieux de s’occuper des vrais problèmes plutôt que de se cacher derrière des réformes de pacotilles ». Ces mots de Madame Arbor font l’unanimité. Des voix confirment en précFrancoise-Dolto-avait-raison_imagePanoramique500_220isant que la discipline étant déjà de plus en plus difficile à instaurer, il va devenir impossible aux parents de se faire respecter. « Quand je pense que quand j’étais petite, si je faisais tomber ma cuillère, je prenais une baffe derrière les oreilles » confie Madame Gérard.

Au final, rarement un sujet n’aura autant fédéré tout notre petit groupe.


 

 

Nos seniors nous parlent : Les Femmes Historiques

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3Lorsque l’on parle des femmes influentes dans l’histoire, des femmes qui ont marqué leur époque par leurs pensées, leurs découvertes, leur physique ou leur influence, les personnes citées peuvent être surprenantes.

Ainsi à l’Etoile du jour, l’une des premières personnalités à ressortir est Brigitte Bardot. Sa plastique autant que ses talents d’actrice et de chanteuse semblent faire l’unanimité. A la grande époque, Madame Gonnet se demandait même si elle pourrait lui ressembler aussi bien physiquement que moralement, car sa bataille pour sauvegarder les animaux l’a toujours marquée. Le pouvoir que Brigitte Bardot avait sur les hommes, son sex-appeal a marqué l’histoire.

Dans un registre plus classique mais qui pouvait jouer sur les mêmes atouts, les dames de l’atelier ont cité Marie-Antoinette. Elle attirait les regards, était instruite, avant-gardiste. Critiquée parce qu’elle dépensait beaucoup d’argent, à cause de ses amants et de sa coquetterie, elle a inventé des coiffures extravagantes et porté des robes que toutes lui enviaient. Sa montée au firmament et sa descente aux enfers ont cristallisé sa célébrité. Tout comme Jeanne d’Arc qui à une époque pourtant si lointaine a réussi à s’imposer au milieu des hommes pour aller jusqu’à diriger une armée. Ce sont de4s exemples historiques du pouvoir des femmes.

Plus récemment, celle qui récolte toutes les voies grâce à son combat pour les femmes est sans conteste Simone Weill. Toutes s’accordent sur le fait qu’elle a fait avancer comme jamais la condition de la femme par ses lois sur l’avortement. Madame Goyet, Madame Monni, Madame Roux, chacune d’entre elles a senti un changement dans sa vie, quelque chose de concret, de réel. Dans cette lignée, les femmes comme Elisabeth Guigou, Michelle Alliot-Marie, Rama Yade, Angela Merkel font la fierté de la gente féminine par leur poigne et leur classe dans ce milieu si difficile qu’est la politique. Il est vrai qu’avec la poussée du féminisme, il est plus dur de faire ressortir une seule personnalité qu’à l’époque où les femmes étaient réduites à être au foyer.

Puis parmi 5ces femmes remarquables, il y en a certaines qui ne sont connues que d’un petit nombre mais qui ont réussi à influencer leur entourage de manière indéniable. C’est comme ça que madame Schoettel nous a parlé de sa grand-mère qui menait sa famille d’une main de fer et que lorsqu’elle disait quelque chose, c’était parole d’évangile. De son côté Madame Monni raconte que la sienne était une sainte essayant toujours d’arranger les choses pour tout le monde et ce, malgré son mari difficile à vivre. Enfin il y a Madame Richou, membre de l’atelier que Madame Monni voulait citer pour ses aptitudes spéciales. A 101 ans, madame Richou nous raconte que dans les années 30, elle a passé 3 différents permis de conduire : le permis classique, celui de conduite sur circuit et le permis poids lourd. Ces deux derniers lui ont permis de faire de la course automobile et d’évacuer des gens pendant la guerre pour les cacher en campagne.

Une liste très loin d’être exhaustive qui pourrait être complétée par les quelques noms qui ont été cités (Marie Curie, Coco Chanel…) mais qui prouve que le combat des femmes pour la parité réussit à avancer grâce à des icônes autant qu’aux femmes que nous croisons jour après jour dans la rue.


 

Nos seniors nous parlent : Les métiers du Passé

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Un atel1ier d’écriture en maison de retraite, c’est aussi l’occasion de découvrir ou redécouvrir des aspects de la vie de nos résidents que nous ne soupçonnions pas. Quand nous nous  intéressons à leur vie d’antan, à leurs occupations, leur famille, nous nous rendons compte de tout ce qui « n’existe plus ». Lorsque Madame Goutelle nous informe que ses parents étaient matelassiers, nous prenons toute l’ampleur de ce que pouvait être le métier d’artisan à l’époque. Les exemples donnés nous rappellent qu’il fut une époque où chacun avait un savoir-faire et que la communauté s’appuyait sur des hommes, et non sur des entreprises.

La vie de tous les jours faisait appel à de nombreux corps de métier. Madame Chabert précise qu’à la campagne, la convivialité était de mise et que lorsqu’un voisin partait au village pour s’approvisionner, par exemple, en charbon, il n’hésitait pas à en ramener pour partager avec ceux qui n’avaient pas l’occasion de se déplacer. Les gens se rendaient énormément service pour se faciliter la vie.

En campagne, ce sont les marchands qui se déplaçaient ! Madame Nan se rappelle de certains annonçant leur arrivée à coups de tambour. Le voisinage se précipitait à leur rencontre pour faire leurs achats.

Habitant en Algérie, Madame Navaro explique que chaque jour, les vendeurs de bois, les lingères et autres passaient pour proposRMN75271CEer leur service.

Pour Madame Rayo, c’est le métier de sténodactylo auquel elle pense quand nous parlons de métier disparu. Les nouveautés technologiques ont forcément modifié notre façon de travailler.

Puis, lorsque nous les poussons un petit peu, les résidentes nous parlent de métiers que nous n’aurions pas imaginés : Livreur de pains de glace, de lait, de charbon… Les maisons étaient équipées pour recevoir l’or noir par des trappes. Il y avait aussi les allumeurs de réverbères ! Chaque soir et chaque matin, cet homme passait avec sa perche pour allumer ou éteindre la source de lumière. Le maraîcher possédait son magasin mais défilait également de maison en maison pour vendre fruits et légumes. Madame Goutelle se rappelle des bruits de clochettes qui annonçaient son arrivée.

Dans le même genre, Madame Martin se souvient des lavoirs et des lavandières. Toutes nous racontent comment les collines de Craponne étaient appelées les « collines blanches », à cause des dizaines de draps étalés dans les champs pour sécher.

Bref, tant de choses qui marquent une époque et qui ont tellement changé. Le tout n’est pas de savoir si c’est mieux ou moins bien, mais simplement de savoir que c’était très différent. Tous ces changements sont une évolution des techniques de travail et des avancées technologiques. Nous en parlerons dans une prochaine réunion…