Nos seniors nous parlent : Les métiers du Passé

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Un atel1ier d’écriture en maison de retraite, c’est aussi l’occasion de découvrir ou redécouvrir des aspects de la vie de nos résidents que nous ne soupçonnions pas. Quand nous nous  intéressons à leur vie d’antan, à leurs occupations, leur famille, nous nous rendons compte de tout ce qui « n’existe plus ». Lorsque Madame Goutelle nous informe que ses parents étaient matelassiers, nous prenons toute l’ampleur de ce que pouvait être le métier d’artisan à l’époque. Les exemples donnés nous rappellent qu’il fut une époque où chacun avait un savoir-faire et que la communauté s’appuyait sur des hommes, et non sur des entreprises.

La vie de tous les jours faisait appel à de nombreux corps de métier. Madame Chabert précise qu’à la campagne, la convivialité était de mise et que lorsqu’un voisin partait au village pour s’approvisionner, par exemple, en charbon, il n’hésitait pas à en ramener pour partager avec ceux qui n’avaient pas l’occasion de se déplacer. Les gens se rendaient énormément service pour se faciliter la vie.

En campagne, ce sont les marchands qui se déplaçaient ! Madame Nan se rappelle de certains annonçant leur arrivée à coups de tambour. Le voisinage se précipitait à leur rencontre pour faire leurs achats.

Habitant en Algérie, Madame Navaro explique que chaque jour, les vendeurs de bois, les lingères et autres passaient pour proposRMN75271CEer leur service.

Pour Madame Rayo, c’est le métier de sténodactylo auquel elle pense quand nous parlons de métier disparu. Les nouveautés technologiques ont forcément modifié notre façon de travailler.

Puis, lorsque nous les poussons un petit peu, les résidentes nous parlent de métiers que nous n’aurions pas imaginés : Livreur de pains de glace, de lait, de charbon… Les maisons étaient équipées pour recevoir l’or noir par des trappes. Il y avait aussi les allumeurs de réverbères ! Chaque soir et chaque matin, cet homme passait avec sa perche pour allumer ou éteindre la source de lumière. Le maraîcher possédait son magasin mais défilait également de maison en maison pour vendre fruits et légumes. Madame Goutelle se rappelle des bruits de clochettes qui annonçaient son arrivée.

Dans le même genre, Madame Martin se souvient des lavoirs et des lavandières. Toutes nous racontent comment les collines de Craponne étaient appelées les « collines blanches », à cause des dizaines de draps étalés dans les champs pour sécher.

Bref, tant de choses qui marquent une époque et qui ont tellement changé. Le tout n’est pas de savoir si c’est mieux ou moins bien, mais simplement de savoir que c’était très différent. Tous ces changements sont une évolution des techniques de travail et des avancées technologiques. Nous en parlerons dans une prochaine réunion…

« Par le fer et par le sang » – Les premières pages.

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Réveillé par le froid de la rosée du matin déposée sur toutes les parties découvertes de son corps, Kinnison fut le premier debout. La nuit ne l’avait pas épargné et tous ses muscles le faisaient atrocement souffrir. Son bouclier en guise de couver­ture, et son épée à portée de main, le chevalier s’était préparé à toute éventualité durant son sommeil. Ses deux compagnons dormaient toujours, d’un sommeil agité. Kinnison se mit sur pied et contempla ce qui lui restait de son ancienne vie : son armure, son épée et sa monture.

La bataille avait été rude, mais plus que cela, elle avait été vaine… Leur armée décimée, leur seigneur vaincu, les trois frères d’armes s’étaient pliés à l’unique solution qui s’imposait à eux : la fuite. Chevauchant toute la nuit pour échapper aux troupes ennemies chargées d’exterminer les survivants du royaume déchu. Mais ces trois-là étaient plus durs à vaincre, plus durs à attraper et après un ultime combat en sous-nombre, alors que le jour mourait, ils avaient pu se réfugier au pied d’une cascade près de la forêt de Fontiane, paysage paradi­siaque dans d’autres circonstances, et  pourtant dernier décor en date symbolisant leur défaite.

Finalement, qu’est-ce qui était le pire ? Cette défaite sans appel ? La mort du seigneur Wien censé être protégé par Hix ? Tout cela était du passé…

Non, en fait le pire était de se retrouver ici, en territoire en­nemi, en fuite avec d’énormes armures et montures frappées du sceau du royaume de Scalia et de Jaspa. Il était conscient qu’il allait devoir se séparer de tous ces attributs autrefois confiés par le seigneur Wien et qui le rattachaient à leur ancien territoire. Mais son glaive ? Non pas son glaive, aucune marque n’y était apposée et pourtant… il était l’unique lien pouvant trahir son appartenance à son ancienne patrie. Il fallait qu’il efface tout lien avec son passé. À partir d’aujourd’hui, il était hors de question de retourner là-bas, sauf peut-être… sauf peut-être pour la vengeance.

Le surnombre, les machines de guerre, tout était de leur côté… Alors quoi ?!

Debout face à la cascade de Fontiane, Kinnison fut tiré de ses pensées par la voix réconfortante de Hix.

  • – N’y pense plus, dit-il.
  • – Comment oublier ? Nos vies étaient vouées à ce royaume, et maintenant…
  • – Je sais, maintenant il faut tout faire pour sauver nos vies et nous faire oublier.
  • – Je suis d’accord, Hix. Mais pourquoi tout a tourné à notre désavantage ?

 

Le visage assombri, Hix effaça cette conversation d’un geste de la main. Levant la tête vers le ciel, et scrutant les envi­rons, il déclara qu’il était grand temps de réveiller Cassidy et de partir. Ce dernier ouvrit les yeux dès que Kinnison prononça son nom, comme s’il ne dormait pas…

Des trois hommes, Hix était celui qui était le plus affecté, celui qui avait le plus souffert de cette bataille, et pour cause, il était le garde du corps du seigneur Wein qui avait péri la veille. Quel déshonneur pour un chevalier ! Il n’avait pas dit un mot depuis la cavalcade de la nuit précédente. Le garde du corps avait chevauché toute la nuit, prenant la tête du groupe et guidant les deux autres à travers bois et champs jusqu’au refuge où ils avaient fait halte.

Toute la nuit, la promesse qu’il avait faite devant l’assemblée des chevaliers de Scalia l’avait hanté. Ce serment qui faisait de lui le garde du corps officiel du seigneur Wein, ce serment qui avait fait la fierté de sa famille. Même son père, très malade à l’époque, avait pu être témoin de la réussite de son fils. Pour atteindre cet objectif, Hix s’était entraîné plus que quiconque, avait passé d’inombrables tests, il avait vaincu ses concurrents à la loyale dans un tournoi officiel. Et son sacre attendu en avait fait l’un des hommes les plus puissants et prometteurs de Scalia. Le jour de sa nomination aux côtés de Wein, tous les chevaliers ou aspirants et les familles importantes du pays étaient présents. Son jour de gloire personnel symbolisait le début d’une nouvelle relation entre Hix et Wein, les amis d’enfance. Son grade lui apportait respect et pouvoir mais son avenir prometteur s’était brisé la veille au soir, lorsqu’il avait failli à son devoir. Tout s’était soudain arrêté, quand devant ses yeux l’âme avait violemment quitté le corps de son seigneur et ami. Wein s’était accroché à la vie comme une flamme mourrante à la mèche d’une bougie. Puis dans un dernier souffle, la lueur s’était éteinte dans ses yeux et avait signé la fin de Scalia et celle de nombreux espoirs.

Il n’y eut aucune contestation quant au fait d’abandonner les chevaux marqués au fer rouge du symbole de Scalia, il en fut évidemment de même pour les armures. En l’espace d’un instant, ces hommes passèrent du rang de chevaliers du pays de Scalia à celui de vagabonds du pays d’Abril, leurs meilleurs ennemis. Même depuis la réunification de Vanissis, ces deux territoires étaient restés en simple tension politique. La nuit dernière, elle avait pris une envergure inattendue…

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Profession : Illustratrice

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Je l’avais rencontrée en 2006 pour l’illustration de mon roman qu’elle avait brillamment créée.

Depuis, Laura Csajagi a fait son chemin. Vivant entre Lyon et Montréal, Laura collabore de manière récurrente avec la maison d’édition Bragelonne, avec Maxime Chattam pour Autre-Monde, Oksa Pollock et beaucoup d’autres que vous découvrirez sur son site : World of Illustration.

Jetez-y un oeil et dites-moi ce que vous en pensez !

 

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Bienvenue sur le Nouveau Bibliophage !

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Après des heures de travail, l’heure est venue de vous présenter le tout nouveau site Bibliophage.

Ici, vous pourrez retrouver toutes les activités de l’entreprise :

– Cours

– Stages

– Articles

– Interventions diverses

– Partenaires

– News littéraires ou théâtrales

 

Bref, tout ce qui fait que Bibliophage grandit évolue depuis 2005 !

 

Bonne visite à vous et au plaisir de vous retrouver dans les commentaires ou lors d’ateliers.

Un grand merci à Amandine, Zago et Debug pour leur aide !


 

 

Le Complexe du Corn Flakes

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Cet édito risque de m’attirer les foudres de ceux qui pensent qu’en France, nos artistes sont aussi talentueux et productifs que les artistes… anglophones.

Alors oui, quitte à me faire lapider en place publique, je le dis haut et fort : les anglophones sont meilleurs que nous.

Je vous vois déjà bouillir en vous disant « Mais c’est faux, nous avons Zola, Hugo, Molière, Manet, Monet, Besson, Depardieu… » Mais oui ce sont des artistes énormes, sensationnels, qui ont marqué et marqueront leurs époques, je ne remets pas ça en cause. Mais quand nous sommes bons, ils sont très bons, et si nous arrivons à être très bons, alors ils deviennent divins.

Nous n’avons pas de King, pas de Poe, de Conan Doyle, de Straub… En musique, je peux comprendre que les français n’arrivent pas à s’exporter puisque la langue est un vrai barrage, mais en littérature, les traductions sont légions mais nous n’arrivons que difficilement à sortir de nos frontières.

À vrai dire, ce n’est pas tant le talent que je remets en cause ici, mais plutôt la mise en lumière des artistes inconnus.

Les romans anglophones arrivent à être traduits dans de nombreux pays et la cause directe est la médiatisation et la mentalité. Chez nous, un livre fantastique ou de SF ou de Fantasy sera considéré comme « enfantin » et donc négligé. Est-ce que King est négligé outre Atlantique ? Et Masterton outre Manche ? Non, ils sont plébiscités et même médiatisés ! Lorsque l’un d’eux sort un livre, le monde entier le sait alors que par chez nous, seul les livres intellectuels sont invités à être présentés sur les plateaux de télévision (Houellebecq, Beigbeder, BHL…). Hormis Marc Levy, il est rare de voir Fred Vargas, Maxime Chattam, Romain Sardou, Granget… Les romans non-intellectuels souffrent de la même mauvaise réputation que les jeux vidéo dans les années 80, ou du rock dans les années 60.

Un problème de moyen ? Élitisme ?

Quand les maisons d’édition se rendront compte que ce style est un marché à part entière, alors peut-être qu’enfin certains auteurs verront le jour et la littérature française prendra une autre dimension. Pas mieux. Pas pire. Mais différente et en harmonie avec son époque.

Car il est évident que nombre d’auteurs fantastique français s’essayent et créent même des œuvres intéressantes et lorsque le courage leur prend d’envoyer leur « bébé » à une maison d’édition, la seule réponse qu’ils obtiennent est « ne correspond pas à notre ligne éditoriale ». Et je sais de quoi je parle, j’en ai une quinzaine sous les yeux à mon nom.

Aux Etats –Unis, un auteur arrive à publier une soixantaine de livre, en une carrière. Écrivain d’horreur, d’héroïque- fantasy est un métier, et pas seulement du beurre dans les épinards, pas un genre à part pour les lecteurs non-intellectuels. Dénigrer ces lecteurs revient à dénigrer ceux qui écoutent de la variété française plutôt que de la musique underground. Ou à clouer au pilori les fans de blockbusters pour privilégier les amateurs de films d’auteurs.

Les anglophones ont une culture de cette littérature et cela se ressent aussi dans le nombre impressionnant de prix et de récompenses qui sont distribués au cours d’une année.  Du jeune auteur fantastique, au meilleur roman étranger, en passant par le plus vendu, et des dizaines d’autres. Dans l’hexagone, hormis le Goncourt, il est difficile d’en citer un autre… Et celui là ne sera jamais décerné à un auteur comme Chattam ou Granget. Aujourd’hui, ce sont les magazines ou journaux qui prennent les devants pour porter à la lumière des auteurs que leurs propres lecteurs apprécieront. Amen !

Un jour, Jean-Pierre Mocky s’est lâché à la télé en déclarant « que les artistes français n’avaient pas de couilles » car il ne prenait pas de risques, et que les budgets étaient minables. Et à vrai dire ce jour là, j’ai été soulagé d’entendre un professionnel se soulever. Mais sont-ce les auteurs, créateurs qui ne prennent pas de risques ? Ou ceux qui détiennent les clés (producteurs, éditeurs, maisons de disque…)

Ce qui est frustrant, c’est que les anglophones ne sont meilleurs que sur la forme. Dans le fonds 60 millions de français arrivent à créer autant et aussi bien que n’importe qui, mais le dédain de certaines parties des artistes et surtout des dirigeants est un blocage évident à l’évolution de tous les arts en France.


 

Les auteurs célèbres et leur mort : Edgar Allan Poe

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Edgar A. PoeEdgar Allan Poe 1809-1849

Cet auteur américain, très connu pour ses romans, nouvelles et histoires fantastiques, fait partie du mouvement du « romantisme ».

Je vous passe les grands axes de sa vie que vous trouverez facilement sur le net. Concentrons-nous plutôt sur sa mort mystérieuse.

Tout a commencé avec sa disparition. 3 jours durant, personne n’eut de ses nouvelles jusqu’à ce qu’un homme du nom de Joseph W. Walker (non pas ce Walker là, l’autre) envoie un message au Docteur James E. Snodgrass lui indiquant qu’un individu se faisant appeler Edgar A. Poe et dans un état plus que préoccupant avait mentionné son nom. A cet instant, Poe se trouvait dans une taverne appelée le « Gunner’s Hall »à Baltimore.

Snodgrass, accompagné de l’oncle de l’auteur, vint à sa rescousse et l’amena directement à l’hôpital où il mourut 4 jours plus tard, officiellement d’une congestion cérébrale. Les témoins de l’époque racontent qu’il aurait passé son temps à divaguer, alternant les phases de conscience et d’inconscience…

A partir de là, plusieurs hypothèses virent le jour.

  • Une trop grande consommation d’alcool ? Ajouté à cela, certains mentionnent qu’il aurait été volé et molesté par plusieurs hommes à sa sortie du Gunners’ Hall
  • Des ennuis de santé ? Le Docteur John W. Francis lui aurait diagnostiqué une maladie du cœur l’année précédente. Mais la tuberculose, le diabète, et la rage furent aussi mentionnés.
  • La théorie la plus répandue, et peut-être aussi la plus sinistre, serait qu’en cette période d’élection du shérif, Poe aurait croisé la route de partisans d’un des candidats qui avaient pour habitude de faire boire aux personnes seules un mélange d’alcools et de narcotiques afin de les faire voter dans leur sens sans leur consentement. Il est également possible que pour les pousser à agir, les agresseurs l’auraient frappé. Le cœur fragile d’Edgar Poe aurait succombé…

Par la suite, même dans la mort, une sorte d’ironie malsaine s’empara de sa sépulture. Celle-ci fut dans un premier temps plus que sommaire puisqu’il ne s’agissait que d’une tombe non marquée rapidement envahie par les herbes. Ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard que sa famille se réveilla pour lui offrir, enfin, une pierre tombale digne de ce nom portant l’inscription :

Au recto, Hic Tandem Felicis Conduntur Reliquae. Edgar Allan Poe, ObiitOct. VII 1849

Et au verso, Jam parce sepulto.

Malheureusement, cette pierre fut… accidentellement…brisée avant même d’être installée.

5 ans plus tard, sous l’impulsion de ses anciens élèves, Poe est inhumé ailleurs et a droit à une vraie cérémonie, une nouvelle pierre tombale… avec cette fois la bonne date de son décès. Et oui, sa famille s’était trompée sur la première.

Les restes de sa famille furent petit à petit inhumés près de l’auteur. Dans les premières années, le monument fut dégradé, remplacé, puis volé avant d’être à nouveau remplacé.

Puis, ENFIN, en 1913, une pierre commémorative est installée…au mauvais endroit… puis repositionnée sur la tombe originelle d’Edgar Poe à  Baltimore avec la citation tirée du poème le Corbeau : « Quoth the Raven, « Nevermore. »  » (Le Corbeau dit « Plus jamais »). Ironie quand tu nous tiens…

Pour l’anecdote à chaque 19 janvier entre 1949 et 2009, un mystérieux inconnu déposait trois roses et une bouteille de cognac sur la tombe.


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