Bienvenue sur le Nouveau Bibliophage !

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Après des heures de travail, l’heure est venue de vous présenter le tout nouveau site Bibliophage.

Ici, vous pourrez retrouver toutes les activités de l’entreprise :

– Cours

– Stages

– Articles

– Interventions diverses

– Partenaires

– News littéraires ou théâtrales

 

Bref, tout ce qui fait que Bibliophage grandit évolue depuis 2005 !

 

Bonne visite à vous et au plaisir de vous retrouver dans les commentaires ou lors d’ateliers.

Un grand merci à Amandine, Zago et Debug pour leur aide !


 

 

Le Complexe du Corn Flakes

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Cet édito risque de m’attirer les foudres de ceux qui pensent qu’en France, nos artistes sont aussi talentueux et productifs que les artistes… anglophones.

Alors oui, quitte à me faire lapider en place publique, je le dis haut et fort : les anglophones sont meilleurs que nous.

Je vous vois déjà bouillir en vous disant « Mais c’est faux, nous avons Zola, Hugo, Molière, Manet, Monet, Besson, Depardieu… » Mais oui ce sont des artistes énormes, sensationnels, qui ont marqué et marqueront leurs époques, je ne remets pas ça en cause. Mais quand nous sommes bons, ils sont très bons, et si nous arrivons à être très bons, alors ils deviennent divins.

Nous n’avons pas de King, pas de Poe, de Conan Doyle, de Straub… En musique, je peux comprendre que les français n’arrivent pas à s’exporter puisque la langue est un vrai barrage, mais en littérature, les traductions sont légions mais nous n’arrivons que difficilement à sortir de nos frontières.

À vrai dire, ce n’est pas tant le talent que je remets en cause ici, mais plutôt la mise en lumière des artistes inconnus.

Les romans anglophones arrivent à être traduits dans de nombreux pays et la cause directe est la médiatisation et la mentalité. Chez nous, un livre fantastique ou de SF ou de Fantasy sera considéré comme « enfantin » et donc négligé. Est-ce que King est négligé outre Atlantique ? Et Masterton outre Manche ? Non, ils sont plébiscités et même médiatisés ! Lorsque l’un d’eux sort un livre, le monde entier le sait alors que par chez nous, seul les livres intellectuels sont invités à être présentés sur les plateaux de télévision (Houellebecq, Beigbeder, BHL…). Hormis Marc Levy, il est rare de voir Fred Vargas, Maxime Chattam, Romain Sardou, Granget… Les romans non-intellectuels souffrent de la même mauvaise réputation que les jeux vidéo dans les années 80, ou du rock dans les années 60.

Un problème de moyen ? Élitisme ?

Quand les maisons d’édition se rendront compte que ce style est un marché à part entière, alors peut-être qu’enfin certains auteurs verront le jour et la littérature française prendra une autre dimension. Pas mieux. Pas pire. Mais différente et en harmonie avec son époque.

Car il est évident que nombre d’auteurs fantastique français s’essayent et créent même des œuvres intéressantes et lorsque le courage leur prend d’envoyer leur « bébé » à une maison d’édition, la seule réponse qu’ils obtiennent est « ne correspond pas à notre ligne éditoriale ». Et je sais de quoi je parle, j’en ai une quinzaine sous les yeux à mon nom.

Aux Etats –Unis, un auteur arrive à publier une soixantaine de livre, en une carrière. Écrivain d’horreur, d’héroïque- fantasy est un métier, et pas seulement du beurre dans les épinards, pas un genre à part pour les lecteurs non-intellectuels. Dénigrer ces lecteurs revient à dénigrer ceux qui écoutent de la variété française plutôt que de la musique underground. Ou à clouer au pilori les fans de blockbusters pour privilégier les amateurs de films d’auteurs.

Les anglophones ont une culture de cette littérature et cela se ressent aussi dans le nombre impressionnant de prix et de récompenses qui sont distribués au cours d’une année.  Du jeune auteur fantastique, au meilleur roman étranger, en passant par le plus vendu, et des dizaines d’autres. Dans l’hexagone, hormis le Goncourt, il est difficile d’en citer un autre… Et celui là ne sera jamais décerné à un auteur comme Chattam ou Granget. Aujourd’hui, ce sont les magazines ou journaux qui prennent les devants pour porter à la lumière des auteurs que leurs propres lecteurs apprécieront. Amen !

Un jour, Jean-Pierre Mocky s’est lâché à la télé en déclarant « que les artistes français n’avaient pas de couilles » car il ne prenait pas de risques, et que les budgets étaient minables. Et à vrai dire ce jour là, j’ai été soulagé d’entendre un professionnel se soulever. Mais sont-ce les auteurs, créateurs qui ne prennent pas de risques ? Ou ceux qui détiennent les clés (producteurs, éditeurs, maisons de disque…)

Ce qui est frustrant, c’est que les anglophones ne sont meilleurs que sur la forme. Dans le fonds 60 millions de français arrivent à créer autant et aussi bien que n’importe qui, mais le dédain de certaines parties des artistes et surtout des dirigeants est un blocage évident à l’évolution de tous les arts en France.


 

Les auteurs célèbres et leur mort : Edgar Allan Poe

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Edgar A. PoeEdgar Allan Poe 1809-1849

Cet auteur américain, très connu pour ses romans, nouvelles et histoires fantastiques, fait partie du mouvement du « romantisme ».

Je vous passe les grands axes de sa vie que vous trouverez facilement sur le net. Concentrons-nous plutôt sur sa mort mystérieuse.

Tout a commencé avec sa disparition. 3 jours durant, personne n’eut de ses nouvelles jusqu’à ce qu’un homme du nom de Joseph W. Walker (non pas ce Walker là, l’autre) envoie un message au Docteur James E. Snodgrass lui indiquant qu’un individu se faisant appeler Edgar A. Poe et dans un état plus que préoccupant avait mentionné son nom. A cet instant, Poe se trouvait dans une taverne appelée le « Gunner’s Hall »à Baltimore.

Snodgrass, accompagné de l’oncle de l’auteur, vint à sa rescousse et l’amena directement à l’hôpital où il mourut 4 jours plus tard, officiellement d’une congestion cérébrale. Les témoins de l’époque racontent qu’il aurait passé son temps à divaguer, alternant les phases de conscience et d’inconscience…

A partir de là, plusieurs hypothèses virent le jour.

  • Une trop grande consommation d’alcool ? Ajouté à cela, certains mentionnent qu’il aurait été volé et molesté par plusieurs hommes à sa sortie du Gunners’ Hall
  • Des ennuis de santé ? Le Docteur John W. Francis lui aurait diagnostiqué une maladie du cœur l’année précédente. Mais la tuberculose, le diabète, et la rage furent aussi mentionnés.
  • La théorie la plus répandue, et peut-être aussi la plus sinistre, serait qu’en cette période d’élection du shérif, Poe aurait croisé la route de partisans d’un des candidats qui avaient pour habitude de faire boire aux personnes seules un mélange d’alcools et de narcotiques afin de les faire voter dans leur sens sans leur consentement. Il est également possible que pour les pousser à agir, les agresseurs l’auraient frappé. Le cœur fragile d’Edgar Poe aurait succombé…

Par la suite, même dans la mort, une sorte d’ironie malsaine s’empara de sa sépulture. Celle-ci fut dans un premier temps plus que sommaire puisqu’il ne s’agissait que d’une tombe non marquée rapidement envahie par les herbes. Ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard que sa famille se réveilla pour lui offrir, enfin, une pierre tombale digne de ce nom portant l’inscription :

Au recto, Hic Tandem Felicis Conduntur Reliquae. Edgar Allan Poe, ObiitOct. VII 1849

Et au verso, Jam parce sepulto.

Malheureusement, cette pierre fut… accidentellement…brisée avant même d’être installée.

5 ans plus tard, sous l’impulsion de ses anciens élèves, Poe est inhumé ailleurs et a droit à une vraie cérémonie, une nouvelle pierre tombale… avec cette fois la bonne date de son décès. Et oui, sa famille s’était trompée sur la première.

Les restes de sa famille furent petit à petit inhumés près de l’auteur. Dans les premières années, le monument fut dégradé, remplacé, puis volé avant d’être à nouveau remplacé.

Puis, ENFIN, en 1913, une pierre commémorative est installée…au mauvais endroit… puis repositionnée sur la tombe originelle d’Edgar Poe à  Baltimore avec la citation tirée du poème le Corbeau : « Quoth the Raven, « Nevermore. »  » (Le Corbeau dit « Plus jamais »). Ironie quand tu nous tiens…

Pour l’anecdote à chaque 19 janvier entre 1949 et 2009, un mystérieux inconnu déposait trois roses et une bouteille de cognac sur la tombe.


Des Mythes pour se Construire

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Promis ! Ca ne deviendra pas une habitude mais lorsque j’ai été contacté par Oxus (la maison d’édition) poCaptureur vous faire partager la sortie d’un nouveau livre sur le travail de Jospeh Campbell, je me suis dit que vous me pardonneriez cette facilité. Alors voici le résumé du nouveau livre sur le travail de ce philosophe de la littérature, Joseph Campbell.

Qu’est-ce qu’une mythologie qui agit correctement et quelles sont ses fonctions ? Pouvons-nous, aujourd’hui, vivre en accord avec des mythes ? Les mythes peuvent-ils contribuer à soulager notre angoisse moderne ou tendent-ils au contraire à l’accentuer ? Joseph Campbell explore le lien vital qui unit l’homme à ses mythes et explique de quelle façon ces derniers peuvent améliorer notre potentiel humain. Il oriente son étude autour d’une douzaine de thèmes majeurs : l’impact de la science sur les mythes, l’émergence de l’humanité, l’importance des rites…, pour conclure en ouvrant la réflexion vers l’avenir : qu’est- ou que doit être la nouvelle mythologie ?

 

Après lecture :

Une mine de connaissance ! Ce livre est un florilège des discours écrits et présentés par Jospeh Campbell lors de ses interventions au cours du Forum Cooper Union entre 1958 et 1970. Ce forum était un concentré d’hommes et de femmes réunis pour faire avancer les idées, les préceptes, les idéologies, les théories de la science et de l’art.

Si de nombreux grands penseurs sont à compter parmi les intervenants de ce forum, Campbell fut l’un des plus fameux par sa capacité à traiter les sujets de manière compréhensible et profonde sans la moindre note, simplement par sa réflexion poussée et sa mémoire. Ce livre est une preuve de sa virtuosité !

Lire ces lignes permet de comprendre les bases de l’histoire de l’art, de la religion… Il est difficile de trouver les bons mots pour décrire l’apport personnel que ce genre d’ouvrage peut procurer. Oxus permet, à travers les différents « tomes » de comprendre les héros que nous suivons depuis toujours, leur motivation, leur cheminement moral. Héros religieux (Bouddha…), héros  littéraire (Seigneur des anneaux…), héros cinématographique (Luke Skywalker…) et beaucoup beaucoup d’autres connus ou moins connus. A travers les âges et les continents, on se rend compte que le socle est incroyablement commun pour tous.

Si je cite ceux là, ce n’est pas pour rien. Car si le thème peut paraître austère ou élitiste, Joseph Campbell fait en sorte de le ramener à un niveau abordable et qui parle au plus grand nombre. Illustrer ses théories par les images des personnages présents dans l’inconscient (ou le conscient) collectif donne tout son sens à des recherches pointues qui ont pris des décennies et  qui concernent tous les consommateurs de cette science. Est consommateur celui ou celle qui lit, regarde la télé, va au cinéma, croit en une puissance supérieure… Nous tous !

Autour de ces icônes et pour bien comprendre les thèses des autres cultures à travers le monde, ses discours abordent les fables, les croyances, les peuples et ethnies, les Dieux, les hérauts, les symboles, les légendes qui ont construit siècle après siècle les traits de l’imaginaire commun aux hommes, à tous les hommes. Des bases séculaires et communes qui peuvent paraître floues, avant de lire ce livre puis qui s’éclairent comme un chemin par la suite !

En résumé, il s’agit d’une sorte d’arbre généalogique des mythes qui ont fait et font notre monde. En bon philosophe de bas étage, je dirais que ce livre prouve que l’imaginaire aussi est commun aux Hommes comme le sang qui coule dans nos veines. Qu’on le veuille ou non, nous sommes les mêmes.

Ce livre est art ET philosophie.

Pour les fans du « Héros aux mille et un visages », ce livre est INCONTOURNABLE. Ils se complètent. Je n’ose imaginer l’émotion ressentie par les auditeurs de ces forums.

Alors, je vous ai donné envie ?


La Censure a-t-elle tué les Héros ?

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En marge de l’édito sur « Le Mythe du Héros », une discussion avec mon entourage m’a soudainement fait prendre conscience que l’évolution ou la régression des héros avait commencé depuis plusieurs décennies déjà.

Il y a 50 ans, Zorro, Thierry la Fronde, Bleck Le Roc, Rintintin étaient les premiers héros. Accessibles à la télé, en BD ou même en livres, ils étaient humains, sans pouvoirs spéciaux, seulement dotés d’un grand courage et d’une habileté spéciale (épée, fronde, intelligence…). Leurs ennemis également humains se retrouvaient généralement sous les traits d’hommes de couleurs, d’indiens, ou d’oppresseurs en grand nombre. Si Zorro ne faisait qu’humilier ses ennemis sans les tuer, les autres n’hésitaient pas à abattre leurs adversaires d’un coup de revolver. La morale à l’époque voulait encore que certains hommes soient «inférieurs » à d’autres. Le blanc étant toujours le gentil, et l’autre, le méchant.

Heureusement, les mentalités ont évolué et ont fait place à de nouveaux modèles pour les jeunes. Finis les méchants noirs, et les vilains indiens ! Tous doivent être mis sur le même pied d’égalité, alors comment faire ? Doit- on parler de censure ou de sens moral ? Ce n’était pas la violence de ces séries qui était remise en cause, mais la façon dont la vision des Hommes « libres et égaux en droit » était bafouée. A l’heure où l’Amérique se battait contre l’apartheid, l’opinion publique devait faire quelque chose…

Pour palier à cela, le héros devient alors, un Super héros. Captain America voit le jour. Un super soldat sorti de la seconde guerre mondiale et qui se bat contre son ennemi de toujours : Crâne Rouge. Symbole explicite du communisme russe, ce personnage reste tout de même un simple symbole et ne lèse aucune couche de la société. Noirs, latinos, riches ou pauvres, personne ne peut se plaindre d’être caricaturé. C’est alors que, pendant longtemps, ce type de héros voit le jour. Spiderman, Superman et tant d’autres pour les comics, Sangoku, Musclor, les Cosmocats pour les dessins animés et manga… Un héros relativement concret mais complètement imaginaire, face à un ennemi souvent représenté sous des traits monstrueux et donc totalement irréel dans l’esprit des lecteurs et spectateurs.

Ensuite, dans les années 90, un autre problème surgit. La violence. Le héros, aussi fictif soit-il, devient trop violent et l’originalité devenant de mise pour créer un héros qui sort du lot, il devient même antihéros. Pour exemple, Ken le Survivant qui malgré sa douceur avec ses amis devient un être sanguinaire lors de ses combats, ou encore Spawn, héros « mort vivant » de comics dont le visage porte encore les traces de son assassinat. Brûlé vif…

Puis dans le monde, des jeunes décident de s’identifier au héros. « Ils sont surhumains, ils sauvent le monde, ils sont adulés, pourquoi pas nous ? » C’est alors, que Tueurs Nés, Scream sont pointés du doigt quand des meurtres surviennent copiant radicalement les scénarios ou que des étudiants débarquent au lycée armes au poing… Comme toujours une poignée d’idiots qui confond Fiction et Réalité arrive à faire surgir les associations « de sauvegarde de l’enfance » comme des diables de leurs boites.

Bref, trop de violence et voila que l’opinion publique tape du poing sur la table. Dieu sait que j’aime leur taper dessus, mais pourtant, ces associations de censure ont-elles eu tort d’intervenir ? Qui sait quelles autres horreurs nous aurions dû supporter si la Censure avec un grand C n’avait pas fait son œuvre. C’est donc une intervention en tant que « jeune » que je cautionne ! Et oui mesdames, messieurs !

 Encore faut-il que cela soit bien fait…

Prenons le cas de Dragon Ball Z. Faire disparaître le sang pouvait effectivement avoir son importance pour éviter tout symbole de mort et de douleur dans les esprits, mais c’était sans compter sur nos charmantes têtes blondes qui se sont rapidement dit « Si je mets un pain dans la tête de Nicolas, il ne saigne pas ? Coooool ». La notion de violence devenait donc aussi imperceptible que le sang effacé des écrans de télévision.

Dans la même veine, je crois ne pas avoir une seule fois entendu le mot « TUER ». Celui-ci est remplacé par des synonymes, « éliminer », « te faire disparaître de la surface de la Terre »…. Les combats étaient également tronqués, les épisodes devenant une suite de discussions ponctuées par des « Je vais t’éliminer ! » ravageurs, soudainement coupés pour cause de combat puis, les palabres reprenaient alors qu’un des interlocuteurs nous apparaissait blessé.

Et voila qu’aujourd’hui, on nous sert des héros « drôles ». Au final, pas de violence, pas de soumission, pas de malheureux, de gagnant ou de perdant. Le faire- valoir des années 80 a supplanté le héros classique. Krilin plus fort que San Goku, Orko plus charismatique que Musclor… Mais que dira l’opinion publique dans 5 ou 10 ans ? Que ces personnages débilitent nos enfants ? Ce qui est sûr, c’est qu’ils ne véhiculent plus les valeurs chères à Joseph Campbell.

A travers tous ces exemples, nous pouvons nous rendre compte que la littérature ne semble pas touchée par ces modifications imposées. Pourquoi ? Simplement parce qu’un livre reste un média moins « grand public » que la télé. Et évidemment, l’absence d’image la préserve de toute censure.

Alors, un mal pour un bien ? Ou un bien pour un mal ? Le dosage reste difficile à établir, et il ne faut pas taper sur Famille de France comme ils ont eux -mêmes tapé sur nos Héros. Une génération de dessins animés violents, puis une autre de dessins animés  débilitants ; une fois le calibrage fini, peut-être pourrons-nous connaître un équilibre. Quoiqu’il en soit, je reste persuadé qu’entre « Intervention » et « Suppression », la marge reste grande. Si trop de violence tue à coup sûr la violence, je reste persuadé que trop de censure, tue le héros.


 

Le Mythe du Héros

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On peut écrire sur l’amour, sur la vie, la mort, dans des styles différents comme la science fiction, le documentaire, l’autobiographie…

Et pourquoi ne pas écrire sur la littérature elle-même ? Dans Ecriture, Stephen King nous faisait connaître sa vision de la littérature, ce qu’il aime ou n’aime pas dans la façon d’écrire un roman. Le style de chacun est unique, bon ou mauvais.

Il y a pourtant certaines choses immuables lorsqu’on écrit un roman et l’homme qui a étudié ce « phénomène » se nomme Joseph Campbell (1904 – 1987), il nous parle du « Mythe du Héros ».

Voici retranscrit mot pour mot ce que Wikipédia peut nous apprendre :

« Ainsi tous les héros mythiques débuteraient leur périple à la suite d’une « appel à l’aventure » – ce qui implique que le héros quitte l’environnement dans lequel il a grandi. Il devra ensuite faire face au « gardien du seuil », premier obstacle dans son voyage qui, une fois franchi (la plupart du temps avec l’aide d’un mentor ou d’un guide spirituel), lui permettra de pénétrer dans un monde plus spirituel – généralement représenté par une forêt sombre, un désert, ou bien une île mystérieuse. Il va y subir une série d’épreuves lui permettant de dépasser son mentor et d’accomplir enfin l’objet de sa quête (le plus souvent une réconciliation avec le père, une union sacrée ou une apothéose) représentant symboliquement l’émancipation. Il retournera ensuite chez lui complètement transfiguré par l’expérience de son voyage initiatique. »

Cet extrait est un résumé d’un essai écrit en 1949 « Les héros aux milles visages ». Vous pourrez bientôt en apprendre plus sur Joseph Campbell dans la section auteur du site. Pour le moment, penchons nous un peu plus sur cet extrait.

Peut- être cet extrait vous rappelle-t-il quelque chose ? Si ce n’est pas le cas, pensez à Star Wars, Matrix ou encore Le Seigneur des Anneaux… Georges Lucas revendique s’être inspiré des pensées de Campbell pour sa première trilogie. Luke, Obiwan, Dark Vador….

Campbell déclarait même que les Héros étaient importants pour la société puisqu’ils véhiculaient des moyens universels de s’émanciper et de s’épanouir. En effet, même dans les années 80, des héros comme Conan, Rambo, Sangoku, Musclor, Manimal et tant d’autres formaient la jeunesse en mettant en avant l’exemple du personnage bon et se battant pour le bien. Personnages repris dans les cours de récréation par nos charmantes têtes blondes qui déambulaient en hurlant à qui voulait l’entendre « Je suis Superman !».

Les fillettes elles- mêmes venaient à prendre en exemple les héroïnes moins charismatiques mais bien présentes pour s’identifier. Pour preuve réelle, mes voisines gambadant dans le jardin en s’écriant « On dirait qu’on serait les filles de Julie Lescaut ». Véridique ! Jennifer Lauret, aussi belle soit-elle, n’aurait certainement jamais espéré que des jeunes filles la prennent en exemple pour des jeux d’enfants.

Paradoxalement, ces héros qui véhiculaient une image positive se sont vus gentiment remerciés par des groupes de protection de l’enfance (Famille de France quand tu nous tiens !!), remplacés par des dessins animés et séries télévisées plus soft.

Alors la question se pose à présent : cette initiative va-t-elle changer la vision du héros aux yeux du public ? La réponse ne sera apportée qu’après quelques années de test sur les enfants d’aujourd’hui bercés par Bob L’Eponge. Après avoir été accusée de rendre nos enfants trop violents, la nouvelle génération de héros pourrait bien être taxée de « débillisation » à outrance. Car franchement, de Ken le Survivant à Patrick l’étoile de mer, le meilleur ami de Bob l’éponge, la côte du héros en prend un sacré coup.